La Forestière, on en avait rêvé, on l'a faite ! Imprimer Envoyer
Sorties Enduro / Hors Normes


Tags: course | Forestiere | Hors Auvergne | Jura


La-Forestiere bandeau


La Forestière…


On a tous vu, dans les revues spécialisées, les pleines pages de pub ou les reportages sur cette course connue et reconnue et on en a tous rêvé un jour, comme on peut rêver du Roc...


Cette année (un Père Noël est passé par là) on a eu la chance d’y aller.  Nous, c’est 2 « ACT », Bruno et Xavier, et moi.  Allez voir les photos dans la galerie, vous les reconnaîtrez.

 

Inscrits depuis juin, on s’y est préparé à ces 70 km et 1800 m D+ annoncés, ah ça oui !  On les a répétées les montées de Noyant, de Besson et d’ailleurs…  Car si on a eu beau temps ce week end des 26 et 27 septembre, on a eu de la chance car, dans le Jura, quand c’est gras… ben, c’est très gras !  Et gravir des murs glaiseux à 10% (600m D+ sur 6 km), fô avoir la forme.  Donc fallait s’entraîner…

Par ailleurs, sachez que bien sûr, alors qu’il n’est pas tombé la moindre goutte sur l’ensemble de la France ce week end, et ben il a plu dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27, en 2009, dans le Jura sud… Eh oui… mais bon, ça a un peu pimenté la journée, vous verrez…



Parcours-Forestiere


A 30 minutes du départ du 70, pendant que j’étais en train de me stresser à changer mon pneu avant (un tubeless MUD, sans eau savonneuse, d’ailleurs merci au gars qui malgré ses côtes fêlées, m’a quand même aidé à gonfler ce fichu pneu qui ne voulait pas se placer dans les gorges de la jante ; ce monsieur avait une super pompe bien costaude, ça m’a dépanné), j’ai entendu l’animateur de Lajoux annoncer le passage des 1ers du 100.  J’ai levé la tête et j’ai vu passer Miguel Martinez, Alexis Vuillermoz et quelques autres un peu moins connus.  Ben Miguel, t’étais trop fort… Impressionnant de facilité, de sérénité et de lucidité malgré les 30 km que tu venais de t’enfiler.  Tu étais 4e, dans un petit groupe de 7, ton maillot était superbe !  Je garderai longtemps cette image en mémoire.


Puis ça a été notre départ.  Les fous-furieux autour de moi voulaient-ils te rattraper ?  En tout cas, ils ont essayé si j’en crois le rythme sur nos premiers 10 km.  J’y ai laissé du mollet et de la cuisse et je l’ai bien regretté par la suite !


Après un départ bien trop rapide (je l’ai déjà dit), j’ai vite opté pour un rythme plus raisonnable (merci le cardio !), histoire de tenir jusqu’au bout, du moins le croyais-je…  En effet, quand on est pris dans un « groupe » de 350 excités environ, on a du mal à rester « raisonnable » et à respecter la plage de fréquence optimale, euphorique qu’on est de participer à une telle course…  erreur de débutant dont je saurai me souvenir à l’avenir !


Bien sûr, je m’y attendais, très vite après le départ, je n’ai plus vu les roues arrières ni les casques de mes 2 compères, nous étions dans une course, on avait convenu de se retrouver à l’arrivée… A vrai dire, je n’ai même pas essayé de les suivre car nous ne sommes pas de la même planète…


J’ai donc pu rouler en appréciant le paysage et m’arrêter pour prendre des photos.  Je vous suggère de jeter un œil sur ces quelques photos, elles sont dans la galerie.

Vous verrez, le Jura, c’est magique, MA-GIQUE !


Les paysages donc : de tout, de la forêt, du plateau dégagé, des falaises, du terrain sec et rocailleux, de la boue bien glaiseuse, des cailloux, des rochers plats bien glissants, des champs, de l’herbe à vache pas trop haute car déjà maintes fois aplatie avant mon passage, ben oui, j’ai eu un ouvreur de luxe et efficace, un certain Miguel Martinez… excusez du peu !  Là où je lui en veux un peu, c’est qu’il ne m’a pas attendu pour le podium et il devait déjà être à son hôtel, douché, restauré et soigné-massé quand j’ai franchi la ligne, mais bon, je ne lui en veux pas… du moins pour cette fois.


La Forestière côté estomac, en quelques chiffres, c’est 10 T de ravitaillement !

Bananes, chocolat, biscuits, pommes, oranges, fruits secs, viennoiseries, pain d’épice, boissons (dont de la boisson énergétique), mais aussi spécialités locales en fromage et charcuterie. Délicieux !

Précision : c’est pas moi qui ai mangé les 10 T…


Les galères :


Quelques km seulement après le départ de Lajoux, j’ai dépassé 3 gars arrêtés sur le bord du chemin : 2 d’entre eux aidaient le 3e qui attendait les secours, clavicule cassée, courses et fin de saison fichues… Tu reviendras, mon gars, courage !


La montée après Septmoncel, entre les 10e et 16e km... a tiens le profile...

La-Forestiere-2009-D+.jpg

 

...une côte de 6 km environ et 600 m de D+ (soit du 10%) : tout le monde était à pied et poussait en suant à grosses gouttes quand j’ai entendu derrière moi, à mi-montée, une petite voix dire « pardon… », et j’ai vu me passer une jeune femme qui moulinait, sur son bike, en se faufilant parmi tous ces mecs qui croyaient comme moi qu’aucun ne parvienne à rester sur son vélo jusqu’en haut…  Ben… elle nous a tous bluffés, nous, les « costauds »… Respect Madame !

D’ailleurs, je crois que Bruno et Xav l’ont faite, eux aussi.  Une autre planète, eh oui…

 

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A mi-parcours, j’ai dépassé un gars qui avait cassé sa Lefty.  Elle n’avait que 700 km, il pestait grave… on l’aurait fait à moins.


Des crevaisons, une bonne vingtaine au moins, dont une juste à côté de moi, un tubeless qui a éclaté, je me souviendrai longtemps du bruit.  Son proprio était plus philosophe que le précédent cité.

Des pneus probablement trop gonflés qui ne supportaient pas les mauvais traitements infligés par les racines, les pierres et la boue, ou, à l’inverse, des pincements sur ces mêmes obstacles, en cause une probable pression insuffisante donc.


Parmi les obstacles, quasiment tous étaient naturels (on l’a vu plus haut) mais il en était qui ne l’étaient pas : les bidons.  A chaque passage un peu secouant, il y avait des bidons jonchant le sol.  J’aurais pu m’arrêter et m’en faire une sacrée collection…  Je n’y avais pas pensé, sur le coup, tiens !  Si je m’étais arrêté et si j’avais ramassé chaque bidon, d’abord j’aurais manqué de place dans les poches de mon bag et ensuite j’aurais sans doute amassé une collection de bidons plus impressionnante que celle de coupes et de médailles de mon Miguelito.  D’ailleurs, Miguel, si tu me lis un jour, saches que je t’invite à nous envoyer un petit commentaire ou carrément un récit de TA course, histoire d’avoir les impressions d’un champion, un vrai…  D’ailleurs, mon pote, je te propose de nous accompagner, un jour, nous les sans grade, les poireaux-des-randos, tu découvrirais peut-être du jamais vu pour toi.  Un exemple : à ton niveau, les descentes, on les fait tout schuss.  Au notre, ça sent parfois la plaquette, arrivés en bas.  Ou encore, as-tu déjà vu un poireau lambda descendre en skiant dans la boue, le Q sur le tube horizontal avec la roue arrière qui n’a que l’envie de passer par-dessus le casque, les pieds au sol de chaque côté du vélo, les doigts crispés sur les freins, et malgré ça s’emplafonner un arbre ou faire le soleil tant redouté ?  As-tu aussi déjà vécu les galères de dérailleurs de tous ces gars qui paient une fortune pour l’entretien de leur vélo de 15 kg et qui pestent contre leur réparateur-du-coin parce qu’ils ne peuvent pas faire la course dans des conditions normales malgré les 200 euros de la dernière révision ?

Allez viens mon pote, rejoins-nous au moins une fois, tu nous feras rêver et nous on te racontera nos exploits d’anonymes, nos expériences de vie, notre richesse…  Je t’invite sur la TransVo de l’année prochaine, j’y serai avec Nico, Micka, Cathy, Gégé et peut-être aussi Nono, Elbambou, Nanou, Bruno, Xav et bien d’autres…


Mais revenons à notre cou-course.

Plus on progressait, plus les côtelettes devenaient pentues voire vertigineuses et in-montables.  J’exagère ? Oui un peu, c’est vrai, mais plus on approchait de la fin et plus on poussait nos vélos, les chaussures engluées dans quelques cm de boue, dans certaines pentes...

 

La-Forestiere-2009-34.JPG


Bon, c’est vrai que pour ma part, j’ai pas mal couru à côté du vélo (au début) puis marché (à partir du 30e km), dans ces côtes in-grimpables.


Je vous ai dit que j’étais parti un peu vite et que vers le 30-35e km, il m’a fallut gérer mon alimentation liquide et solide, mes efforts dans les montées, mes étirements sur les plats et dans les descentes, etc etc…

Ca ne m’a pas empêché de devoir m’arrêter plusieurs fois car incapable de faire tourner les manivelles à cause de crampes.  J’étais tétanisé et ai dû intégrer des périodes de quasi-repos.  J’ai pourtant bu environ 4L à 4,5L de boisson isotonique, dans cette épreuve.  J’ai aussi avalé 3 gels coups de fouet.  Ca m’a permis de finir mais bon sang que j’en ai bavé…  Aujourd’hui vendredi, soit plusieurs jours après la course et malgré les allers-retours au boulot sur mon « vélo de fonction » (celui qui me sert en semaine quoi !), pour les faire mouliner, je sens encore mes cuisses. De mauvaise augure pour le vetathlon de demain samedi mais tant pis…


Miguel, donnes-moi un dernier truc : comment fais-tu pour ne pas subir de crampes ?


Bref, comme je suis un vrai héros (ben ouais, on ne fait pas ce genre de course si on n’est pas un champion…, c’est d’ailleurs pour ça que je ne suis pas sûr de la refaire l’année prochaine…bou-ouh), j’ai réussi à rejoindre l’arrivée.  Regardez le profil de la course, la fin étant quand même assez descendante, ça m’a facilité les choses…




A l’arrivée, ambiance et accueils très sympathiques, nous avons pu déposer nos montures dans un parc fermé gardé avec ticket numéroté de consigne, prendre nos douches et manger un bon repas chaud.  Mais, mais mais mais, me direz-vous… comment êtes-vous remontés jusqu’au point de départ de votre course, à 70 km du lieu d’arrivée ???  Bonne question.  Les organisateurs avaient tout prévu : des semi-remorques pour les vélos et des cars pour leurs pilotes.  1 heure de car pour remonter chercher la voiture !  Personnellement, Bruno et Xavier sont remontés pendant que je me douchais et que je faisais un sort à mon plateau repas, ils m’ont épargné la petite route de montagne en car surchauffé et puant car tout le monde ne s’était pas douché (vous voyez ce que je veux dire ?)…


Pendant ce temps-là, je me suis régalé à admirer les sauts, les doubles can-can et autres loopings des 2 jeunes free-stylers qui nous ont fait une démonstration à couper le souffle, cf video n° 41…


Globalement bravo à l’organisation et merci aux 1500 bénévoles qui ont assuré notre sécurité et les ravitaillements.  On sait tous à quel point il est délicat d’organiser un événement aussi important soit-il, celui-ci était exemplaire de précision et d’efficacité !  Belle perf !


Quelques chiffres :

70 km théoriques, 75 au compteur

6h11 entre départ et arrivée, 5h31 sur le vélo

13,6 km/h de moyenne, peut mieux faire, mais c’est bien quand même.


Allez, à bientôt pour de nouvelles aventures sur les pistes…

 

Les Photos la-Forestiere-2009-31.JPG

 

et une petite Vidéo : 

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