Tags: association | Bourboule | Mont Dore | Puys Dome | raid | Sancy | Transvolcanique La 21ième par Alain
D’abord, des grands mercis !
Un grand merci aux organisateurs de cette magnifique randonnée.
Un grand merci aux bénévoles pour la qualité de leur accueil, leur engagement, leur gentillesse, leur disponibilité, leurs sourires…
Un grand merci aux potes, Nico Lebow, les Mickatie, Dom, Jojo El Bambe, Jéjé, Pedro et à tous les anonymes que nous avons cotoyés pendant ces 2 jours et avec qui nous avons eu la chance de parcourir les 190 km (environ, car mon compteur n’est pas forcément très juste) et les 4300 D+ de cette TV édition 2010 !

Si, en général, les récits se terminent par la séquence émotion et les remerciements, la petite larme, etc… il me semble important, aujourd’hui, de commencer par cette reconnaissance à la hauteur des émotions vécues pendant ces 2 jours.
Nous avons donc quitté Moulins samedi matin, à 6h, pour rejoindre Blanzat (63). Le réveil a sonné plus tôt que les autres jours de la semaine et pourtant, pourtant, le réveil a été plus facile qu’à l’accoutumée, on se demande bien pourquoi… Sur la route, Jéjé et Jojo (sont dans un bateau un Picasso) nous ont rejoint et nous faisons donc route ensemble. Arrivés sur place, on s’équipe, on prépare les montures et les hommes, on va chercher nos plaques de cadre, nos badges, on donne notre paquetage à l’organisation, paquetage que l’on retrouvera le soir à l’hôtel.
Dans l’attente du départ, il y a du monde, beaucoup de monde. Les 1500 impatients VTTistes que nous sommes discutent allègrement, on retrouve des copains non Riders de Moulins, on tape la causette sur la façon dont on croit que le week-end va se dérouler, sur la préparation des hommes et des vélos, on prend quelques photos au milieu de la foule, etc… Quelques retardataires s’affairent encore sur le parking, la peur au ventre sans doute de louper le départ… Je m’empreigne de l’ambiance… Nous allons vivre une rando et non une course, c’est la fête, certains (groupes de) participants se sont fait plaisir en égayant leurs tenues...
Vers 9h, un mouvement de foule nous indique que le départ vient d’être donné, on n’a rien entendu. Le temps que les quelques 100aines de VTTistes devant nous s’élancent et quelques minutes se passent. Ben oui, il faut du temps pour que la file s’élance, l’élastique s’étire à la façon d’une chenille qui se meuve, se meut, se mouve… (Comment qu’on dit ?)
Mais pas pour longtemps, car au 1er goulet d’étranglement (un passage en monotrace), un embouteillage se forme (il y en aura plusieurs autres) et nous attendons plus ou moins patiemment notre tour (on voit bien le phénomène sur les photos de la galerie). Puis de nouveau la file s’allonge, puis se rétrécit… encore… (c’est juste une petite côtelette de rien du tout, mais en monotrace, donc il n’en faut pas plus pour créer un embouteillage de plusieurs dizaines de mètres). Ce qui est curieux, mais probablement dû à l’excitation de ce genre d’événement, c’est de sentir que les uns sont philosophes et devisent ou s’amusent de tout et de rien là où les autres s’énervent. Bref, j’observe les comportements, je profite de la température, des odeurs, etc… Là, je réalise que j’ai déjà perdu les Mickatie et les copains de Moulins dans cette cohue du départ. Nico est encore là, à côté de moi, mais plus pour très longtemps. Un peu plus loin, quand je l’aurai perdu, je retrouverai Dom, en train de s’alléger de sa veste, en haut d’une côte. Le train de VTTistes est impressionnant, il y en a des 100aines devant et autant derrière…
Le parcours de ce 1er jour sera constitué de très grosses montées, pentues, rocheuses, glissantes, techniques mais toujours très belles, dans des bois ou dans des prés, au soleil ou sous quelques nuages, mais toujours avec du monde devant, derrière, à côté, etc… (je l’ai déjà dit, je sais, mais c’était impressionnant).
Chacun roule à son rythme, et pourtant, à l’approche du Puy de Dôme, nous nous retrouvons tous à peu près en même temps au 1er ravito. Là, Pedro nous rejoint également. Allez, photo de famille ! Ce 1er ravito tombe à pic car il compense le petit déjeuner avalé un peu tôt, à une heure où les estomacs ne sont pas encore bien réveillés et où il n’est pas toujours facile de bien manger…
Les ravitos sont très bien fournis alors que très symboliquement (humblement ?), l’organisation les a appelés « point d’eau » : charcuterie, fromage, fruits, pain d’épice, chocolat, compote, petits pains au lait et au chocolat, etc… Pour le liquide, bière, alcool à base d’anis, etc… euh non, ça c’est dans les rêves… D’ailleurs, le mot bière est celui qu’on entendra le plus de la bouche des participants, et surtout en approchant de la fin du parcours, mais on en reparlera… Donc, pour le liquide, surtout des sirops de menthe et de citron, de l’eau, du café, du thé, etc…
Peu après ce 1er ravito, nous approchons du Puy de Dôme, sur une belle prairie bien verte et sous un sympathique soleil, alors… re-photo de famille bien sûr !
Puis les montées et quelques (trop) rares descentes s’enchaînent (nous sommes trop rarement récompensés ce 1er jour au profil plutôt montant, alors vivement demain !)
La pause de midi à Gelles est la bienvenue. Nous y sommes d’ailleurs arrivés au milieu d’une foule assez dense et la queue est longue. Mais qu’importe, nous avons besoin d’une coupure et de calories bienfaitrices. Au menu : de la salade de museau, du paleron en sauce, du fromage et du gâteau. C’est lourd diront certains, mais c’est un bon moment de convivialité et de partage avec des voisins de table venus de loin, de très loin même, puisqu’ils sont d’Orchies dans le Nord. C’est là que l’on réalise que certains sont venus de vraiment très loin : il y a des Bretons, des Alsaciens, des Belges, des Sudistes, des Parisiens, des Bordelais, des Nantais, des Charentais, etc etc… Ben moi qui ai l’habitude des événements régionaux, je réalise à quel point le participant de ce genre de sortie est passionné et est capable de faire des km et des km pour le plaisir de goûter à notre belle région… !
Ce midi-là, Cathy a d’abord mangé seule avec nous, sans son Micka préféré qui l’a rejointe plus tard. En fait, pendant ce temps, lui, il œuvrait, dehors… Il œuvrait à réparer le moyeu arrière du tandem qui avait lâché sur une bosse, non loin de là. Le service de dépannage n’y pourra rien, les coups de fil à tous les bouclards locaux et de Clermont non plus. A ce moment-là, les Mickatie étaient complètement dépités devant leur machine malade. Les organisateurs tentaient de les aider en passant un coup de fil par-ci par-là mais étaient eux aussi impuissants devant cette bête en souffrance et le désarroi de nos amis. Abandonner là était trop bête. Un dernier coup de fil au propriétaire d’un magasin situé à 150 km leur redonne alors espoir, il s’agit de Didier Norbert. Mais pour lui apporter le tandem, il faut d’abord récupérer le Vito, donc il faut que quelqu’un monte Micka à Blanzat et là, l’organisateur se démène et trouve une bonne âme. Micka repassera à Gelles récupérer sa bienaimée (qui se les ait gelées… à Gelles !) et son tandem (à moins que ce ne soit l’inverse) et les voilà qui filent vers Moulins. Didier, qui sera resté ouvert tardivement ce soir-là, aura pu réparer le tandem tant bien que mal, les Mickatie sont heureux, les voilà qui redescendent sur le Mont Dore, arrivée vers 22h30 à l’Auberge de Jeunesse où l’équipe logeait. A l’Auberge, tout le monde parlait de l’aventure de tandem…
En attendant, après être restés auprès des Mickatie le plus longtemps possible, Nico et moi avions repris le parcours, vers 16h. Nous avons avalé la 40aine de km et les 1500m de D+ qu’il restait jusqu’au Mont Dore en 3h30… (Ah oui quand même… maintenant je comprends mes douleurs aux genoux du lendemain…). Ces km étaient durs, très durs, que de la montée, surtout dans les 20 derniers km, avec une côte hallucinante en lacets dans la forêt où j’ai dû mettre pied à terre et marcher, mes jambes refusant de pousser sur les pédales (Nico la faite, lui ! Et je suis sûr que si j’avais été avec lui, il aurait encore été capable de me raconter ces dernières vacances…), le genre de côte qui finit par un mur... Dans ces moments-là, on ne pense plus à rien, on ne parle plus (sauf Nico), on se concentre juste sur les traces devant nous, plus personne ne parle, sauf quand il s’agit de… bière évidemment ! Ceci dit, on a quand même allègrement profité des paysages, surtout aux abords d’un lac magnifique (son nom ?) sur lequel reflétait le soleil couchant, ce soir-là… Le Lac de ?? au 1er plan, le Mont Dore et le Sancy derrière, une pure beauté de paysage… !

C’est aussi dans ces moments-là que les descentes sont parfois approximatives, à cause de la fatigue, du manque de lucidité (de soi ou des autres), mais cette fois, tout s’est bien passé, nous sommes rentrés à bon port malgré une descente d’anthologie après le lac, le genre de descente où ça passe ou ça casse, le genre de descente où tu te fais peur quand tu es lucide… Aïe, cette fois-là, c’est une fois arrivé en bas que je me suis rendu compte des risques que je venais de prendre… Va pas falloir recommencer vu l’état dans lequel je me trouvais…
Nous arrivons ensemble, au Mont Dore, Nico et moi, après 88 km et 2400 D+. Là, on apprend que le gîte est à 4 km au-dessus du bourg mais qu’il y a heureusement une navette (une estafette et sa remorque) pour nous y emmener. Nous décidons alors de siroter une boisson fraîche avant de la prendre, afin de savourer cette 1re journée. On sait que Dom est derrière, on voudrait s’assurer qu’il arrive bien, car au dernier ravito où nous l’avions vu, il n’était plus très frais. Puis il arrive enfin, épuisé mais content d’être là… Il prendra la navette suivante…
A l’Auberge où nous dépose la navette, nous trouvons une chambre, un lit, une bonne douche bien chaude, des vêtements secs, la chaleur des gérants du gîte, des copains propres, attablés et détendus. Dîner animé mais dans un espèce de quiétude, tout le monde était bien… Nous faisons la connaissance d’un VTTiste de la région parisienne, super sympa, habitué de ce genre de grands rendez-vous, qui roule habituellement en tandem (tiens tiens !) avec un aveugle (Ah ! Là, ça cause…). On l’invite à prendre un verre à l’issue du repas, il est super sympa mais… on ne le reverra pas le lendemain ! C’est l’inconvénient de ce genre de grandes épreuves où, le lendemain, plus personne ne ressemble à celui que tu avais croisé la veille car on est alors tous affublés de vêtements aux couleurs différentes, de lunettes, d’un casque, etc… autant d’attributs qui changent un homme… Pas grave, longue et belle vie sportive à toi, sympathique Monsieur du 95…
Vers 23h, dodo. Notre petit groupe monte se coucher. Ah oui, entre temps, on a vu revenir les Mickatie, le sourire aux lèvres, fiers de leur exploit d’avoir pu faire l’aller-retour et faire réparer leur tandem. On est contents de vous voir là, les potes !! Contents et fiers de vous que vous ayez eu le cran de faire autant de route pour revenir à la fête.
Je ne sais pas si je dois raconter l’ambiance de la chambrée, je laisse les uns et les autres faire leurs commentaires dans les posts. Sachez simplement que Cathy a été impressionnée, au moment de se coucher à côté de son chéri, par quelque chose de dur, dans le lit qu’elle occupait avec Micka. Mais je ne vois pas de quoi il a pu s’agir… Peut-être nous en diront-ils plus dans un post ?!
Le lendemain, nous décidons de quitter La Bourboule, lieu de départ officiel, un peu avant tout le monde, pour éviter le départ groupé et arriver avant la bataille et les embouteillages dans les tronçons techniques. Mais beaucoup ont eu cette idée ! Tant pis…
Là, 2e mauvaise surprise : les super descentes de la veille ont changé de sens durant la nuit, c'est aussi inattendu qu’horrible, elles sont devenues des super montées !! En plus, il fait froid, il gèle presque (merci le cuissard long, les vêtements techniques sur plusieurs épaisseurs, le bandeau, l’écharpe, les gants longs,…), les prés sont tout blanc de givre (jusqu’à 10h environ) et la terre des chemins est glissante. Pas facile de monter des côtes abruptes en single, dans de la terre glissante car déjà foulée par 1500 fous furieux, la veille, et certainement quelques centaines ce matin-là. Pas facile parce qu’à force de rouler derrière du monde et de ne pas avancer, nos lunettes se couvrent de buée, les trajectoires sont approximatives, les cailloux de pouzzolane, cette pierre d’origine volcanique, nous le rappellent, notre fessier aussi d’ailleurs... Du coup, nous devons souvent mettre pied à terre et pousser ou attendre d’avoir quelques mètres de distance par rapport à celui qui précède pour redémarrer et libérer à notre tour celui que l’on a coincé derrière… Pas grave, la chenille redémarre, lentement mais sûrement…
Ce 2e jour sera beaucoup plus ludique et technique que le 1er. Les organisateurs nous ont concocté un parcours magnifique, n’empruntant que quelques chemins de la veille en sens inverse, privilégiant plutôt les chemins (des vrais, en terre et en cailloux, pas des chemins goudronnés comme sur 50% de la distance, la veille !) et là, nous vivons une des plus merveilleuses randos que j’ai eu la chance de vivre : du PUR bonheur ! Nous passons même au travers d’une carrière de sable visiblement désaffectée et au milieu de nulle part… A un moment, nous avons même droit à ce qui restera pour moi un des plus beaux panoramas du week end : la chaîne de Puys, là en face de moi, dans une descente (cf les photos), s’étalait, majestueuse !

Le bonheur, pour les Mickatie, n’aura hélas été que de courte durée, ce dimanche matin… Re-crac ! Ils auront passé la journée à Gelles, lieu de retrouvailles de tous pour le déjeuner, à nous attendre, cette fois sous le ciel bleu et le soleil, mais bon... Ce midi-là, la paella, fort bonne pour certains, avait pour eux un drôle de goût… Pas de chance…
Quelques montées techniques, raides mais plutôt courtes (sauf une), des descentes en veux-tu en voilà, bref, l'après midi sera magnifique. Quelques murs à franchir, cependant, un en particulier qui nous sape le moral et que personne ne tente sur le vélo. Au dernier ravito, en forêt, je retrouve Nico, près du Puy de Côme. Tu m’as attendu, mon pote, merci ! Merci parce que je suis incroyablement heureux d’avoir partagé la fin de cette aventure avec quelqu’un avec qui je peux encore en parler, avec un ami.
Mais revenons au récit. A ce ravito, on nous annonce 15 km de descentes jusqu’à l'arrivée, il restait en fait une 20aine de km de "pentes", pas toujours orientées comme on l’aurait voulu ! En fait, seuls les 15 réels derniers km étaient de descentes pures, le genre de descente technique avec de grosses marches rocheuses et étroites avalées à très très grande vitesse. Là, on a carrément lâché les chevaux, on ne pouvait retenir nos vélos tant le plaisir était immense, ça aura forcément impressionné ou fait peur aux quelques randonneurs piétons que l’on y a rencontrés. Mais rien qu’à elle seule, cette dernière descente vaut le déplacement.
Dans ces descentes techniques, les fourches travaillent beaucoup, les vélos souffrent, mais les hommes prennent leur pied ! Les derniers hectomètres et l’arrivée au stade se font à vitesse réduite, comme pour prolonger le plaisir, comme pour profiter encore et encore…

Au bilan pour l’équipe, peu de défaillance physique (une bonne préparation ?), une seule défaillance technique, mais de taille (vous y reviendrez, les Mickatie !).
Je garderai de ce WE de magnifiques images, une super ambiance et beaucoup de plaisir, le souvenir d’une performance physique et sportive et la fierté de l’avoir accomplie, c’est bon pour la confiance en soi, c’est bon pour la connaissance de soi…
Nous sommes heureux de ce que nous venons de vivre…
une belle aventure humaine !
Nico : Je finirais le CR d’Alain par des bravos :
Bravo au binôme Joel & Jéjé, qui ont plus qu’assuré.
Bravo à Pédro qui a fait l’aller, beaucoup plus de côtes que de descentes vous l’aurez compris, alors qu’il fait du VTT depuis pas si longtemps (pas sur des grandes distances en tout cas).
Bravo aux Mickatie, qui malgré la casse à deux reprises ont toujours gardé le moral.
Bravo à Dom, qui a réussi à faire les ¾ du Raid, alors qu’il ne mange jamais de D+ dans sa région, encore un peu de préparation et c’est bon Dom, on est tous passé par là !
Bravo à Alain, qui a bien géré pendant les deux jours, alors qu’il n’était pas au top de sa forme… et bien sûr, bravo pour ce CR !
Au niveau de la Transvo, une bien belle édition, ma troisième de suite, dommage que les organisateurs aient eu moins d’autorisations que les fois précédentes, pour traverser ces superbes contrées, en effet, on a eu pas mal de route le premier jour, mais bon, cela reste une des plus belles « randos » de l’année dans la région.
Toutes les photos du WE !!! : http://www.ridersbourbonnais.fr/riders-bourbonnais-galerie-photo/category/76-transvolcanique-2010.html
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